Discours Force Ouvrière manifestation du 19 mai 2009 NON À LA CASSE DE LA CONVENTION COLLECTIVE 66

, par udfo17

Discours Force Ouvrière manifestation du 19 mai 2009 à La Rochelle devant la préfecture Pour le SDAS-Syndicat Départemental de l’Action Sociale 17 -FORCE OUVRIERE NON À LA CASSE DE LA CONVENTION COLLECTIVE 66

Les salariés du secteur médico-social sont dans la rue ce 19 mai pour demander l’amélioration de leur convention collective 66.
Pourquoi le 19 mai 2009 : _Aujourd’hui, devait se tenir au niveau national, une réunion de négociations entre les organisations syndicales patronales (fegapei, sop et snasea) et les organisations syndicales salariales (CGT, FORCE OUVRIERE, CFDT, CGC-CFE et CFTC).
Elles n’auront pas lieu.
Nous sommes dans la rue.
Le secteur médico-social comprend dans le département environ 2000 salariés, les personnels relevant de cette convention dite de 66 travaillent au service des personnes en état de handicap psychique, physique ou sensoriel qu’ils soient enfants ou adultes. Les salariés du secteur médico-social sont exclusivement des salariés d’associations à but non lucratif.
Ces associations sont des services publics pour la protection des personnes en état de faiblesse. Les financements proviennent du département, de l’état, de la sécurité sociale et de l’autofinancement. En décembre 2008, les organisations syndicales des employeurs ont fait connaître leur projet de refonte de la convention collective. Devant un projet régressif, les salariés ont manifesté massivement et se sont mis en grève le 29 janvier 2009 pour démontrer leur volonté de conserver leur convention collective 66 avec pour but de l’améliorer.
Face à la mobilisation de grande ampleur du 29 janvier 2009, les organisations patronales ont reculé, en retirant le projet et ont demandé aux organisation syndicales salariales à négocier sur de nouvelles bases :
l’attractivité du secteur sociale et médico-social pour attirer des jeunes professionnels, et l’amélioration des accords collectifs.
Une série de réunions au niveau national a été programmée. _Force est de constater que les organisations employeurs ne voulaient pas négocier sur autre chose que le projet qu’ils avaient soit disant retiré.
En effet, une série d’articles publiés dans la presse spécialisée annonçaient déjà le résultat des négociations avant les réunions.
Les réunions de négociations, quant à elles, s’embourbaient afin de gagner du temps et de mettre les organisations syndicales salariales dans un rapport de force défavorable grâce à une hypothétique démobilisation des salariés.
Mais aujourd’hui, nous sommes ici dans la rue.
Face à ce jeu de dupe FORCE OUVRIÈRE et les autres organisations syndicales demandent aux salariés du secteur médico-sociale de continuer la mobilisation pour obtenir une négociation franche sur le projet retenu en commission soit
l’attractivité du secteur médico-social,
l’amélioration de la convention collective 66.
En effet, les syndicats employeurs (Fegapei, Snasea et Sop) tentent d’imposer aux salariés de cette Convention Collective Nationale de Travail 66, qui couvre environ 240.000 salariés en France, un texte conventionnel qui constituerait un recul sans précédent de nos droits.

Ce projet patronal vise à réduire le coût du travail social par un démantèlement de la convention collective 66 en proposant :
la création de filières qui écarterait le principe d’une classification en fonction de la qualification basée sur nos diplômes au profit de compétences basées sur la technicité (par exemple, l’éducateur spécialisé deviendrait un technicien supérieur d’éducation).Nos diplômes sont en danger
une baisse des rémunérations sur la carrière, en jouant sur la masse salariale en minorant la progression à l’ancienneté, une individualisation d’une partie de la masse salariale afin de la redistribuer au mérite selon des critères classants,
de supprimer des jours de congés payés supplémentaires ( les congés trimestriels entre autre) et de remettre en cause le maintien de la rémunération des trois jours de carence en cas de maladie. Un syndiqué patronal a osé dire, au cours d’une réunion nationale de négociations qu’il n’était pas utile d’être ME ou ES dans un SAMU social pour donner la soupe aux plus démunis !
C’est faire preuve de méconnaissance des aboutissants du métier sanitaire et social.
Ce projet introduirait l’individualisation des salaires et des conditions de travail et donc, à une mise en concurrence des professionnels. Ceci est incompatible avec le travail d’équipe, socle indispensable à une prise en charge de qualité, respectueuse des êtres humains démunis, physiquement, psychiquement et/ou socialement que nous accompagnons.
Le démantèlement de ce texte conventionnel s’inscrit dans une logique purement comptable mettant à mal les petites associations au profit des grandes, plus à même de compresser le personnel et d’exercer un management d’entreprises de type marchand.
La réforme de la CCNT 66 voulue par les syndicats d’employeurs est à la fois une remise en cause des droits des salariés et un pas de plus vers la rentabilité du travail social contradictoire avec les besoins de la population la plus en difficulté, la plus défavorisée. C’est une logique comptable et gestionnaire qui s’oppose à la SOLIDARITÉ.
C’est pourquoi, nous sommes fermement opposés à ce projet qui mettrait à mal l’édifice du secteur social et médico-social.
Durant des décennies, ce secteur a démontré toute sa pertinence en matière de mission de service public dans ce pays, mission dont l’État et le Conseil Général doivent être les garants.
Je terminerai par cette citation de Léon Jouhaux « Se syndiquer, c’est oser ensemble pour ne pas se résigner seul. »

Pour le SDAS FO libre et indépendant.
NON A LA CASSE DE LA CONVENTION NATIONALE 66 !